« Le SIDA fait encore des ravages chez les transgenres »
Par Mathieu Viviani
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C’est le constat de Esperanza Kouka Garcia. Après
avoir milité pour la reconnaissance des droits des transgenres argentins
durant les années 70, elle se réengage dans le militantisme en faveur
des droits des trans français à partir des années 90 et fonde en 2007
l’association Pari-T. Altermondes l’a rencontré à l’occasion du festival Solidays 2015.
Où en est-on dans la lutte contre le SIDA au sein de la communauté transgenre argentine ?
Après avoir voté le mariage pour tous en 2010,
l’Argentine a été le premier pays d’Amérique latine à adopter en 2012
une loi permettant aux transsexuel(le)s et travestis de choisir
librement leur genre, sans accord préalable d’un médecin ou de
la justice.
Y-a-t’il des dispositifs pour aider les trans argentins atteints du VIH aujourd’hui ?
| Esperanza Kouka Garcia, présidente de l’association Pari-T |
Aujourd’hui vous militez pour la reconnaissance de l’identité transgenre en France au sein de votre association Pari-T. Quel regard portez-vous sur la situation des transsexuel(le)s français(e)s ?
E. K. G : En France, je trouve que les transsexuel(le)s ont clairement moins de visibilité par rapport à l’Argentine. Là où la communauté gay est de plus en plus visible dans la société française, les trans sont vraiment dans l’ombre. Étant donné qu’ils n’ont pas d’état civil propre comme en Argentine, leur accès à la santé et aux services sociaux est très compliqué. De plus, à l’instar des trans argentins, beaucoup se prostituent et sont atteints du VIH. C’est la raison pour laquelle j’ai crée l’association Pari-T en décembre 2007. Après avoir été médiatrice de santé publique à Pastt (Groupe de prévention et d’action pour la santé et le travail des transsexuel[le]s), je me suis rendue compte qu’on ne pouvait pas sortir les trans de la prostitution sans lutter pour la reconnaissance de leur genre par la loi française. De cette manière, on prend le problème à la racine selon moi. J’ajouterai aussi qu’en France, il faut que les associations œuvrant pour les droits des transsexue(le)s fassent plus d’efforts pour être en cohésion. Nous avons le même but, mais bien souvent, on est pas d’accord sur comment y arriver. De plus, les chefs de file trans de cette lutte ont encore du mal à s’inscrire dans une dynamique collective. Ils incarnent ce combat sur un plan personnel. Or, en collectif, on est beaucoup plus fort. C’est ce qui s’est passé en Argentine, et on voit bien que cela a porté ses fruits.
Dans le dossier « Droits des homosexuels, la bataille pour l’égalité progresse » du numéro 42 d’Altermondes, retrouvez, p 54-55, un article sur l’Argentine et ses avancées exemplaires en matière de reconnaissance des droits des LGBT.
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